mandel hotel verre
 
Après avoir lu "Station Eleven", j'avais espéré que la rumeur qui vante ce roman était fondée. Certes, il se lit bien, même si l'auteur ajoute des complications gratuites, mais le brouet reste assez clair. Il s'agit d'un récit basé sur l'arnaque financière montée par Bernard Madoff et sanctionnée en 2008, plus de dix ans après sa création. Le livre bâtit une intrigue très romancée, dépaysante, enchevêtrée, qui fait passer un bon moment. Mais, comme dans le livre précédent, le fond n'est jamais abordé. Comment peut-on, dans notre société, monter cette escroquerie ? Quelles complicités (et à quel prix) y ont participé ? Le système financier qui présente une telle fragilité peut-il exploser ? Si la monnaie repose sur la confiance où va-t-elle quand la confiance est trahie ? Sur tout cela, le livre est muet.

mandel station eleven
 
Voici un roman policier/anticipation qui a eu un très grand succès. Peut-être espérais-je trop ? C'est un livre agréable qui ne déçoit pas, mais qui n'emporte pas très loin. Le thème est celui d'une pandémie (bien qu'écrit en 2013 !) qui tue plus de 99% des hommes et laisse un pays dévasté, du type de celui rêvé par les écologistes déclinistes. Plus d'énergie, plus de production de bien ni de services, plus d'écoles, plus rien de ce qui avait accompagné la civilisation. Chacun pour soi et, comme disait Hobbes, la guerre de tous contre tous (*) ! Des communautés survivent, dont une itinérante, de musique et de théâtre, qui veut sauvegarder ces deux arts. Que c'est difficile à croire dans un monde détruit, où la violence est la règle ! Et ce choix de donner des spectacles dans de telles circonstances est discutable. J'aurais plutôt monté une école pour que ce savoir ne se perde pas. Mais, soit. On se laisse prendre au récit qui nous promène agréablement.