Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

dicker 622
 
A trop tirer sur le fil, on lui fait parfois perdre son élasticité. Parfois, même, il se casse. Nous avons là un policier sympathique, bien ficelé, trop bien même, où il me semble souvent que les choses auraient pu être racontées sans une telle avalanche de sauts de temps et d'espace, parfois bienvenus, parfois moins, mais qui étire abusivement le récit. L'intrigue n'en reste pas moins fort originale et captivante, si l'on accepte de faire fi des invraisemblances qu'elle contient. En lisant son texte, je m'imaginais souvent l'auteur heureux de ses trouvailles et s'amusant bien. Au fond, n'est-ce pas l'essentiel quand, comme ici, il nous entraîne dans sa barque ?

thilliez2
 
Ce polard m'a déplu, dégoûté. Il devrait y avoir, même dans le "gore", une limite qui se situe dans le respect de nos semblables, vivants ou morts. Le racolage de lecteurs par la surenchère dans l'infâme est condamnable. Le livre est, de plus, médiocre dans son intrigue linéaire et prévisible, quand elle ne frôle pas parfois l'invraisemblable. Que l'auteur ait été accueilli dans "La grande librairie" me navre et traduit sans doute un début d'épuisement de cette émission. Un sinistre raté à fuir.
La croix noire, sorte de grillage, ajoutée à la page de couverture symbolise mon rejet. Il faut bien s'amuser un peu...
 
 
 
 
 

 
 

perez reverte escrime
 
La nostalgie d'un code d'honneur guidant nos relations humaines est le thème profond de ce touchant roman. Préoccupation démodée, certes, à laquelle s'est substitué un code de la consommation et des droits individuels envahissants. Ici, notre maître d'armes n'en a cure et règle sa vie sur ce concept suranné. Respect de soi d'abord qui l'a conduit à dominer avec panache un art qui peu à peu se perd pour devenir ce qu'il nomme avec mépris un "sport". Il est convaincu qu'une arme est faite pour tuer celui qui menace son honneur et donc que celui-ci sera défendu à la mesure de la qualité du maniement de l'arme. Ainsi, avant de poser son fleuret au râtelier, il rêve de trouver la botte imparable, "la plus parfaite qui eût jamais surgi d'un cerveau humain". Quand sa vie ne tiendra plus qu'à un fil et en tuant le diable, il la trouvera, au mépris du dernier feu des sens qui a failli l'emporter.