"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Cette très intéressante autobiographie offre une originalité rare. L'auteur cherche naturellement à présenter et à éclairer les principaux moments intéressants d'une existence qui en fut particulièrement riche, mais il poursuit en parallèle un questionnement sur leur sens, percevant qu'au-delà des affaires humaines existe un faisceau d'essences obscures qui conditionnent notre vie.
La seconde partie du livre, consacrée à sa période d'écrivain, est particulièrement axée sur cette interrogation, dont il tente de cerner les conditions d'une réponse, d'une sorte de sagesse. Un beau livre, profondément honnête, qui, partant du monde humain des torchons et des serviettes, cherche à lever le voile qui les contient.
Le titre de ce recueil n'a aucun sens.
Heureusement, car nous serions, sinon, face à autre chose que de la poésie.
Ce qui a un sens, ce que l'homme comprend, est une simplification à l'usage de son entendement limité, de ce qui l'entoure. La relativité ou la mécanique quantique, par exemple, sont d'admirables réductions du réel à la taille de notre cervelle. Elles n'expriment aucune vérité, mais elles sont un outil approximatif et provisoire de ce qu'un esprit humain comprend du monde, une réduction humaine rationnelle de celui-ci en un langage mathématique, fait par l'homme et pour l'homme. D'ailleurs, mon chat, à qui j'en parlais récemment, m'a avoué ne rien y comprendre.
La poésie, comme la musique ou l'art visuel, sont des invitations à une promenade au delà de ce qui se comprend, dans de ce que nous pressentons de la vastitude du monde et dont nous savons bien qu'elle conditionne notre existence. Et si vous n'avez pas la coiffure hérissée par ce que je viens d'écrire, que vous ne vous sentez pas être un vieux rationaliste vitrifié, jetez vous calmement dans la lecture de ces courts poèmes, sortes de haïkus incisifs, évocations paisibles du temps que nous chevauchons et de la grandeur et de la beauté du monde, de sa lumière, de son universalité.
Ce roman est une réussite, dans un mode sombre. L'écriture est vivante, riche en dialogues et l'intrigue raisonnablement crédible et prenante. Une belle histoire de deuil à faire et d'exil à réussir. Deux peines profondes se croisent, s'épaulent et se dissolvent au creux de destins, comme toujours, imparfaits.
Lire la suite... Marie Pavlenko, Traverser les montagnes, et venir naître ici
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