"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Je suis tombé sous le charme de ce roman et des personnages puissants que l'auteur a su y créer. L'intrigue repose sur des faits réels de la guerre menée en 1942 par les plongeurs italiens contre la flotte anglaise de Gibraltar. Guerre d'hommes (et de femmes !) et non de matériels, associés à une audace qui laisse stupéfait, où le courage et la volonté ont encore un sens. L'auteur apporte à l'exécution de ces actes un climat d'humanité digne qui les transcende et donne à leurs auteurs une présence émouvante. Un superbe roman classique.
Je me suis intéressé à ce roman sur la foi de critiques excellentes. Sa lecture ne m'a pas permis de partager cet enthousiasme, même si j'ai apprécié le style direct et concis utilisé pour nous faire partager l'existence d'un homme sans caractère, agissant au gré des événements, saisissant les bons coups. L'espèce n'est pas rare, mais le roman, totalement plongé dans l'actualité, dans le présent, ne fait pas du personnage un archétype ni n'aide à en comprendre le lien avec le monde actuel. Cet attachement bouddhique à l'instant qui passe me rappelle qu'il aboutit à regarder le monde de nos pensées comme "un chien crevé qui flotte au fil de la rivière". Nous y sommes.
On peut tout attendre de Céline, mais pas de s'ennuyer en le lisant. Ce roman vantard, excessif, centré sur le nombril de l'auteur, ne me convainc pas, à l'opposé d'autres qui ne le sont pas moins, mais ajoutent à cela un parfum venu d'ailleurs assez puissant pour nous tenir en haleine. C'est quand même du Céline, mais sans squelette !
Page 1 sur 338