"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce récit couvrant les 150 dernières années où les librairies Gibert se sont créées et ont conquis une place majeure dans le monde du livre. L'imagination, le courage, l'accord, toujours difficile, entre les membres de la tribu, voilà qui provoque l'admiration et nous touche. À cela s'ajoute nécessairement chez le lecteur l'inquiétude inévitable sur l'avenir de ce merveilleux produit, le livre. Tout cela est remarquablement et sobrement conté par l'auteur, fille du dernier des "Gibert Jeune". Un travail de reconstitution minutieuse des faits auquel se joint une écriture coulante et sensible. Une réussite.
Lire la suite... Françoise Kerymer, Les Passeurs d'histoires
Ce court récit, au parcours sans heurts et étiré, m'a laissé perplexe. Le suicide d'une femme qui ne supporte pas la vieillesse voudrait paraître ici comme une réflexion sur la fin de vie et sur la liberté de la choisir soi-même. Le suicide n'a rien à voir avec les questions difficiles de la fin de vie dans des circonstances graves et la confusion mise en scène ici me dérange.
Il me semble impertinent de s’apitoyer sur les caprices un peu sentencieux d'une bourgeoise vieillissante. Qu'elle se suicide si c'est son goût, avec ou sans mise en scène et phrases définitives.
Il l'est encore plus de faire croire qu'il s'agit là d'un problème de liberté. Elle, vous, moi, nous sommes libres, à tout moment, de nous faire sauter la cervelle. De quoi parle-t-on, alors ?
Ce livre se trompe d'objet. Il ne parle que de confort.
Dans la vallée "À la fin des temps"
Ce récit, un peu nostalgique et en même temps plein d'espoir, m'a beaucoup touché. L'auteur relate ici son voyage dans le sud de la Bulgarie, son pays d'origine, région que la vague industrielle et la richesse n'ont pas visitée et dont les rares habitants conservent ainsi, presque en survie, un rapport vital et profond avec une nature qui, à la fois, les nourrit et les oppresse. Une nature qu'il faut comprendre, aimer et redouter et vivre pour cela dans une société bien différente de la nôtre dominée par les États nourriciers et protecteurs, où la nature est plus un lointain concept qu'une réalité vivante. Le style alerte, rempli d'anecdotes, aussi léger que le sujet est grave fait de ce récit un enchantement.
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