"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Le titre de ce recueil n'a aucun sens.
Heureusement, car nous serions, sinon, face à autre chose que de la poésie.
Ce qui a un sens, ce que l'homme comprend, est une simplification à l'usage de son entendement limité, de ce qui l'entoure. La relativité ou la mécanique quantique, par exemple, sont d'admirables réductions du réel à la taille de notre cervelle. Elles n'expriment aucune vérité, mais elles sont un outil approximatif et provisoire de ce qu'un esprit humain comprend du monde, une réduction humaine rationnelle de celui-ci en un langage mathématique, fait par l'homme et pour l'homme. D'ailleurs, mon chat, à qui j'en parlais récemment, m'a avoué ne rien y comprendre.
La poésie, comme la musique ou l'art visuel, sont des invitations à une promenade au delà de ce qui se comprend, dans de ce que nous pressentons de la vastitude du monde et dont nous savons bien qu'elle conditionne notre existence. Et si vous n'avez pas la coiffure hérissée par ce que je viens d'écrire, que vous ne vous sentez pas être un vieux rationaliste vitrifié, jetez vous calmement dans la lecture de ces courts poèmes, sortes de haïkus incisifs, évocations paisibles du temps que nous chevauchons et de la grandeur et de la beauté du monde, de sa lumière, de son universalité.
Ce roman est une réussite, dans un mode sombre. L'écriture est vivante, riche en dialogues et l'intrigue raisonnablement crédible et prenante. Une belle histoire de deuil à faire et d'exil à réussir. Deux peines profondes se croisent, s'épaulent et se dissolvent au creux de destins, comme toujours, imparfaits.
Lire la suite... Marie Pavlenko, Traverser les montagnes, et venir naître ici
Deux auteurs compétents et expérimentés prennent ici la plume pour faire le tour d'un concept pas toujours bien compris et fort malmené de nos jours : l'Occident. Ils apportent les éléments historiques qui ont fondé ce concept et lui ont, pour un temps, conféré puissance et exemplarité mondiale. Ils constatent aussi son messianisme, souvent violent, axé sur l'universalité supposée de ses valeurs. Mais ils observent aussi que cette époque a pris fin, quand l'Occident a perdu le monopole de la puissance, sans qu'il ait encore abandonné certain de ses comportements hégémonistes. Sans négliger sa division en cours entre US et Europe. Une tension internationale forte résulte des conséquences de ces constatations et les auteurs s'interrogent ici, sous forme de dialogue, sur les causes précises et les issues envisageables à cette situation. Un livre riche et utile.
Lire la suite... Hubert Védrine et Maurice Godelier, Après l'Occident ?
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