adimi richesses
 
Ce très beau livre est le récit, presque historique, de l'aventure vécue par un homme qui créa à Alger une librairie, également maison d'édition et bibliothèque de prêt. Sans un sou, il réunit autour de lui ses amis et se lance. Oui, mais ses amis étaient Camus, Gide, Saint Exupéry, Roblès, Amrouche, Giono, etc., qu'il accouchera souvent de leurs premières œuvres. Une histoire qui est aussi celle d'une Algérie qui se rassemble dans la douleur et qui constitue la toile de fond du roman. Une éclatante réussite littéraire, sensible et parlant d'une langue simple qui va droit au cœur.

kraus salauds
 
Un roman du mal et de sa banalité ? Mais, le mal a-t-il encore besoin d'un roman, encore un ? Celui-ci est noir, très noir, très lourd, implacable. Les salauds sont certes aidés par la fabrique, les fabriques, mais ils auraient fleuri et semé leurs graines sans cela. Les salauds sont partout. Il n'y a qu'eux. Pas d'antidote. Certes, des issues existent pour ne pas sombrer. La folie, par exemple ou une balle dans la tête...Vision romanesque et politiquement correcte d'une humanité sans rédemption, ce livre bien torché, mais racoleur, sonne faux sous son masque soigneusement affirmé de roman historique. Ouvrez les yeux, prenez un verre avec vos amis et vivez dans la chaleur humaine de ceux qui vous entourent. Il n'y a pas que des salauds.

stifter homme posterite
 
On comprendra vite pourquoi ce livre, qui est un grand classique en Allemagne, est peu connu chez nous. C'est aussi ce qui en fait la valeur, car il apporte en quelques pages une incarnation romanesque aux concepts de patrie (ou terre maternelle) et de "droit du sang" (intégration par la descendance), caractéristiques de l'appartenance nationale en Allemagne et qui restent enracinés dans la culture du pays. Ce ne sont pas là les concepts usuels français, dominés par le "droit du sol" et le rapprochement avec nos voisins n'a pas fini de buter là-dessus. Ce roman est en même temps un classique du romantisme allemand du 19e siècle dont l'action, simple et presque rigide ne manque pas d'un charme désuet et évocateur d'un temps révolu.