"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
Que penser de ce livre, qui tente de présenter (c'est parfait) et d'interpréter (ça l'est moins) le portrait d'une mère, pour le moins complexe ? L'étude psychologique de la fin du roman m'évoque une promenade en voilier sur un lac de barrage, là où l'on ne sait jamais d'où souffle le vent. Et pourtant, le lac est beau et sa contemplation rend heureux. Le récit de la vie de cette mère à facettes est un enchantement, dévoilé avec la sensibilité légère habituelle de l'auteur. Je suis moins touché par la tentative un peu désespérée d'en démonter les rouages, comme s'il s'agissait d'une mécanique dont le mode d'emploi serait perdu depuis longtemps.
Du même auteur, j'avais récemment lu avec plaisir les aventures de l'agence Mozart, l'antiWagner, à Taïwan. Alors en remontant le temps, j'ai voulu lire le premier livre de l'auteur impliquant les mêmes protagonistes mozartiens. Et j'ai pris le même plaisir à leurs cascades et autres aventures dans le récit fluide de leur mission, ici la protection de Zelensky contre des tueurs russes infiltrés secrètement, qui souhaitent éliminer le chef ukrainien et sa famille. Les lecteurs de ces fiches étant des êtres d'exception, ils auront tous compris que l'affaire se déroulera avec succès, puisque les mozartiens se retrouvent ensuite à Taïwan ! Quoi qu'il en soit, on ne s'ennuie pas !
Il s'agit bien d'un roman, un peu nostalgique et dépassionné, que nous livre ici la voix féminine qui nous guide et situe le phénomène dans une perspective historique allant des Romains à nos jours. Tout est-il dit ici ? Sans doute pas, mais le paysage est bien dressé et les questions évidentes sont posées. Leur réponse reste incertaine, en revanche !
Lire la suite... Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier, Le roman des maisons closes
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