Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

ragougneau 77
 
Voici un beau roman, dont l'intrigue met en scène des interprètes virtuoses de musique classique, au sommet de leur art (et même au-delà !). De plus, cette intrigue se déroule comme un parallèle à une œuvre musicale célèbre et forte, le 1er concerto de violon de Chostakovitch. Les rapports entre le compositeur et l'état totalitaire soviétique seraient-ils un modèle de ceux entre un soliste de haute volée et la société ? Quoi qu'il en soit, le livre nous plonge avec maîtrise et talent dans cet univers extrême des bêtes de concert avec une grande efficacité.

cosson homme parle
 
Si un beau conte occupe l'essentiel des pages de ce livre, c'est la seconde partie qui en fait le poids. Car ce conte se veut porteur d'une philosophie (on disait d'une morale, autrefois) que l'auteur explicite brièvement, mais avec panache, dans cette seconde partie. Il répond ainsi à sa façon à une question que nous ne pouvons pas ne pas nous poser, à savoir la viabilité d'un monde où l'homme ferait procéder ses actes de sa seule raison. N'était-ce pas l'ambition du défunt 20e siècle ? Un livre utile pour ses conclusions, sans doute, mais aussi pour le travail de pensée qu'il nous demande.

zweig montaigne
 
Cette biographie est, pour une large part, un prétexte de l'auteur pour expliquer (et lui rendre sa dignité ?) son attitude ambigüe face au nazisme. Il trouve en Montaigne un frère en le faisant passer pour un philosophe du désengagement, du repli sur soi, ce qu'il n'est pas. En dépit de son retrait, Montaigne aura su prêter son temps et son âme à la réconciliation de la France quand l'urgence le demandait. SZ aura lui, découragé, choisi le suicide. Il n'en reste pas moins que la question de la liberté intérieure de chacun face à l'incendie toujours menaçant de l'opinion publique est essentielle et que ce livre la pose avec la sincérité d'un homme en détresse.