Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

damasio furtifs
 
Ce roman se veut imaginatif, social, poétique. Il est délirant, bisounours dans sa vision politique et pratique un sabir infantilisant. On peut aimer, se laisser prendre, au moins un moment. Aller au terme de ce texte répétitif et si invraisemblable qu'il ne nous touche pas est un exploit que j'ai accompli. Merci. L'idée qui retient un peu est celle qu'existent autour de nous, en nous même, des êtres, les Furtifs, qui, comme des cellules souches, peuvent engendrer toutes les formes de vies, humaines ou autres. Les accepter et les accueillir c'est jouer leur jeu du changement, de la transformation et donc d'une forme de liberté indiscutable. Cela s'oppose au monde ordonné, policé, conduit par algorithmes, que notre terre est supposée subir dans un futur proche, dérive possible de nos tendances actuelles.

lechatain manacoeur
 
Boccace dans le Décaméron (livre de saison en mars 2020 !) parle dans son avant-propos d'un "feu excessif allumé dans mon coeur par un appétit peu réglé" au sujet d'un désir amoureux. Alors, s'il en est de même chez chaque partenaire, l'affaire risque fort d'entrer en surfusion. C'est le thème de cet excellent roman dont le cadre est la vie politique sous Pompidou, époque privilégiée de notre pays et dont le personnage principal, Paul, travaille dans le cabinet du Premier ministre. Récit d'une sorte de trou noir amoureux d'une violence sourde, ce livre est fort bien mis en scène par une intrigue à rebondissements multiples qui absorbe son lecteur jusqu'à la dernière page. Et quand j'aurai ajouté que vous le trouverez  gratuitement en version digitale (cultura.com, par exemple) pendant le confinement, rien ne vous retiendra plus pour vous y plonger, avec ou sans bouée.

greenberg sandworm
 
Cet essai aborde les voies et les moyens de la guerre qui peut être menée au moyen d'internet, la cyberguerre, et l'a déjà été sur certaines cibles. Il ne s'agit plus de détournement d'informations confidentielles ou stratégiques (on pense à Alan Turing et Enigma ou à Snowden et la CIA), mais de pénétration dans les commandes, largement connectées de nos jours, de processus industriels et d'infrastructures essentielles à la vie collective (eau, électricité, gaz, centrales, serveurs, moyens de déplacement, systèmes de vote, etc.). "Commandes" peut comprendre aussi celles assurant la sécurité de ces outils industriels sans lesquelles ils peuvent être amenés à fonctionner hors contrôle (vitesse, température, etc.) et ainsi se détruire. Cette menace est souvent minimisée ou ignorée, parfois même complètement incomprise, comme résultat de l'inculture informatique fréquente de ceux qui dirigent. Un livre salutaire.