servent guerre
 
L'état de paix n'est pas le plus naturel ni le plus probable de notre espèce, même si nous bénéficions depuis plus de cinquante ans d'un calme relatif, comme le montre ce livre. Les raisons de ce calme en revanche ne sont pas abordées ici. Or, le cœur de cet essai est précisément l'analyse, souvent fine et documentée, des forces en ébullition dans le monde et susceptibles de modifier cet état de calme. Elles sont en effet nombreuses, multiformes et sortent du cadre conventionnel de la guerre entre Etats. Mais comment pourrions-nous mesurer leur impact et définir des priorités quand les causes de cette stabilité ne sont pas identifiées ? Et comment faire le tour critique des stratégies de défense face à ces risques ? Quelles alliances, quelles armes, quelle armée, quelle diplomatie, quelle politique industrielle, quelle éducation sauront nous rendre plus forts et nous protéger ? Je reste sur ma faim ; sans doute attendais-je trop.

auster4321
 
Voilà, j'arrête à la page 446. Je descends du tapis roulant linéaire, monotone, mais subtilement agité du récit de la vie de Ferguson. Thème et variations, certes. Encore faut-il que la énième variation soit une découverte, riche, construite comme une nouvelle révélation. Ce n'est pas le cas et je m'ennuie. Les longues méditations psychologiques m'endorment. Et pourtant, c'est un bon roman, écrit par un maître que j'ai quand même accompagné pendant 446 pages sur 1020 (sic). Sans doute ne suis-je pas un bon lecteur de romans...

 plaquevent soros
La lecture de ce livre nous contraint à un exercice particulier. Il est en effet d'une part une remarquable étude sur le "réseau" Soros, lobbying politique planétaire à travers associations, ONG ou "Instituts", extrêmement riche (produit des spéculations financières de Soros) et dont l'idéologie, clairement affichée, est la "Société ouverte", qui rejette nations, structures sociales et familiales telles que le temps les a bâties, pour laisser place à un "homme nouveau", individualiste, libre et défini par ses échanges. Tout cela sous un vocabulaire humanitaire proche de la langue de bois.
Le livre est aussi, d'autre part, une critique acerbe de cette idéologie, la jugeant néfaste, destructrice de nos cultures et la soupçonnant de dissimuler la défense d'intérêts privés de Soros. 
Sous réserve d'être conscients de cette double intention du livre, sa lecture est passionnante et montre le poids politique insensé que l'argent, bien ou mal gagné, peut prendre sur l'opinion publique et sur les démocraties, avec la complicité un peu imbécile de l'intelligentsia.