Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

kaddour orateurs
 
Ce très beau livre est le récit romancé d'un bref, mais intense instant de la société romaine à la fin du règne de l'empereur Domitien (an 81 à 96). Le récit se déroule en une seule nuit et fait défiler des hommes et des situations dominés par la volonté sans contrepoids d'un empereur devenu un tyran. Que se passe-t-il alors, quand la loi est remplacée par les caprices d'un homme ? Que devient le peuple ? Une plèbe ? Quel chaos va résulter d'une action dominée par la seule recherche de la survie personnelle ? Que devient dans cette situation dégradante la gloire d'un homme qui aurait dû inscrire à travers elle sa vie dans un destin ? Où commence la lâcheté et où finira-t-elle ? La soumission garantit-elle la vie sauve ? Comment une société aussi structurée que Rome peut-elle supporter la perte de ses hommes les plus valeureux, celle de sa régulation par la loi ou de l'amour de son peuple ? L'histoire montre qu'elle ne le peut pas et qu'il lui reste à réussir un rapide rétablissement ou à mourir.

attali medias"Des signaux de fumée aux réseaux sociaux et après"
 
Une représentation des médias est difficile à conceptualiser. Il s'agit d'un bien immatériel dont le domaine est vaste et imprécis. Ainsi les comportements peu scrupuleux des Gafas passent inaperçus, d'autant plus qu'ils portent sur le média le plus immatériel de tous, internet. Et quand on entend la réaction "je n'ai rien à cacher", on constate que le sujet même des exactions n'est pas perçu. Voilà ce dont cet essai veut écrire l'histoire et faire l'analyse, passant par les médias plus matériels (presse, radio, TV) pour aboutir à internet. Et lorsqu'on a bien perçu que richesse et pouvoir découlent de leur possession, on comprendra vite que le média transnational et pratiquement sans contrôle qu'est le Net pose de vrais problèmes ! 

bronner apocalypse
 
Le cerveau : une boîte noire ? De moins en moins. Ce livre bien documenté met en évidence les critères qui régissent l'usage de notre temps de cerveau disponible, temps qui a considérablement augmenté depuis une cinquantaine d'années. Or, en même temps, l'usage massif d'internet comme moyen d'échange d'information a fait voler en éclats les filtres qui caractérisaient encore récemment l'information disponible. C'est ce que l'auteur appelle la dérégulation cognitive qui conduit aujourd'hui à un dévoilement (apocalypse) d'une partie de nos fonctionnements cérébraux et donc de notre nature humaine, avec des conséquences sociales néfastes. L'auteur conclut à la nécessité d'une nouvelle régulation à construire, tâche à venir de la réflexion politique.