Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

reza nullepart
 
Ce très bref roman, doux et personnel nous parle avec sensibilité de ce que notre mémoire retient de notre passé. Il nous parle aussi de notre "désir d'oubli" qui nous cache une part sans doute considérable de nous-mêmes et en particulier de notre enfance. Mais il met surtout en scène avec émotion les instants très courts où nous traversons un point singulier d'harmonie parfaite, peut-être de bonheur, qui ne s'oubliera jamais. Rien ici ne révolutionne ce que nous avons déjà lu, mais c'est si bien dit !

delisle jerusalem
 
Un dessinateur de BD canadien accompagne sa femme et ses deux jeunes enfants pendant un an à Jérusalem. Elle travaille pour un organisme humanitaire, ce qui va donner au récit à la fois une ouverture large dans ce monde en conflit, mais aussi une teinture particulière. L'auteur, dans ses dessins et son texte, nous fait percevoir la vie quotidienne des populations palestinienne et israélienne, dans cet univers où la force appartient à Israël. Il ne propose en revanche aucune analyse politique, même si l’on ne peut que ressentir ici et là combien certains comportements le dérangent. Le piège, constitué par l'histoire, les croyances, la politique internationale et mille autres sédiments du temps, est bien refermé. Et pourtant, comme cette BD le montre, la vie continue. Et quel voyage !

mandel station eleven
 
Voici un roman policier/anticipation qui a eu un très grand succès. Peut-être espérais-je trop ? C'est un livre agréable qui ne déçoit pas, mais qui n'emporte pas très loin. Le thème est celui d'une pandémie (bien qu'écrit en 2013 !) qui tue plus de 99% des hommes et laisse un pays dévasté, du type de celui rêvé par les écologistes déclinistes. Plus d'énergie, plus de production de bien ni de services, plus d'écoles, plus rien de ce qui avait accompagné la civilisation. Chacun pour soi et, comme disait Hobbes, la guerre de tous contre tous (*) ! Des communautés survivent, dont une itinérante, de musique et de théâtre, qui veut sauvegarder ces deux arts. Que c'est difficile à croire dans un monde détruit, où la violence est la règle ! Et ce choix de donner des spectacles dans de telles circonstances est discutable. J'aurais plutôt monté une école pour que ce savoir ne se perde pas. Mais, soit. On se laisse prendre au récit qui nous promène agréablement.