Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

collette arbres
 Dans le magazine LIRE, l'auteur déclare écrire pour conjurer ses angoisses fondées sur sa peur de la direction que prend le monde. Je suis ravi qu'elle la connaisse et je regrette qu'elle ne nous l'ait pas fait partager. Et était-il utile d'en ajouter une couche en sortant ce roman sinistre et désespéré ?
Mais surtout, l'auteur n'aime pas, n'aime personne, ne semble pas savoir aimer. Ses personnages en situation apocalyptique ne s'aiment pas entre eux, n'aiment pas ceux qu'ils croisent et n'imaginent qu'un univers peuplé de prédateurs. On ne construit rien, on bricole, on baise sans joie, on flingue sans haine. Dois-je préciser que cette sorte de roman aux personnages pauvres, sans chair, presque inhumains me semble aussi proche de la réalité qu'une banane d'un levier de vitesse. 
Écrit dans une langue hachée, en lambeaux et se déroulant dans un décor si simplifié qu'il n'a aucune réalité, le roman m'a exaspéré du début à la fin comme l'aurait fait un jeu vidéo type "shoot'em up" dont il partage aussi le côté répétitif, lassant.
 
A-t-on perdu la tête pour récompenser ça ?
 
Lattès (2020), 334 pages
 

 
 

wilkie dame blanc
 
Quand en 1850 on est un criminel, on y met les formes et, si on vole ou si on tue, c'est en costume trois-pièces brodé et avec une élégante désinvolture. Ce roman fut, dit-on, le premier policier de l'histoire, même si la police n'y joue pas un grand rôle. Intrigue complexe à suivre le long des méandres familiaux des personnages bien campés par ailleurs et voracité exemplaire des méchants, tout est en place pour le quadrille. Et, pour la bonne bouche, une sympathique aventure amoureuse où le beau jeune homme, pauvre, mais courageux, venge et séduit la très belle aristocrate ! J'adore. Tout cela dans un tourbillon d'inégalité des classes, des sexes et du reste, alimentant espoir et rêve chez les protagonistes. Voici donc un bien agréable récit.

dicker 622
 
A trop tirer sur le fil, on lui fait parfois perdre son élasticité. Parfois, même, il se casse. Nous avons là un policier sympathique, bien ficelé, trop bien même, où il me semble souvent que les choses auraient pu être racontées sans une telle avalanche de sauts de temps et d'espace, parfois bienvenus, parfois moins, mais qui étire abusivement le récit. L'intrigue n'en reste pas moins fort originale et captivante, si l'on accepte de faire fi des invraisemblances qu'elle contient. En lisant son texte, je m'imaginais souvent l'auteur heureux de ses trouvailles et s'amusant bien. Au fond, n'est-ce pas l'essentiel quand, comme ici, il nous entraîne dans sa barque ?