"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Quel beau livre ! Ce récit d'une mort, paisible, presque joyeuse m'a vivement ému, tant il implique une humanité simple, une liberté et un respect mutuel de chacun des acteurs lors de ce passage, accepté ici comme naturel et qui sera franchi avec légèreté, avec grâce, même. Tu vas t'endormir et tu ne te réveilleras pas. Alors c'est bien, répond-il. Comme le ferait un être, élégant et discret, qui s'éloigne et ne reviendra pas, laissant derrière lui, non le souvenir de sa disparition, mais celui du bonheur d'avoir un peu partagé sa vie.
À la lecture de ce livre, on ne peut pas se retenir d'un mouvement de recul, tant ce qu'il avance est à la fois énorme et en même temps, largement ignoré. Il faut les qualifications de l'auteur pour en accepter le contenu, d'ailleurs appuyé sur une documentation impressionnante. La conclusion est simple et propre à la fonction présidentielle américaine : cette élection a besoin des voix des ouvriers, dont les syndicats sont totalement dans la main des Mafias. L'accord est simple, qui consiste à échanger contre ces votes des promesses de "douce tolérance". Si la promesse n'est pas tenue, la sanction est lourde. L'exemple de la famille Kennedy en fut un parmi d'autres, car tous les présidents ont eu à gérer ce cas de conscience. Bonne lecture !
Lire la suite... Jean-François Gayraud, La Mafia et la Maison Blanche
Ce roman de 1813 est un régal. On objectera peut-être que le mariage des jeunes filles, le sujet de fond du livre, n'a plus la même importance pour leur avenir économique qu'il avait à cette époque. Certes. Il n'en a d'ailleurs plus aucune aux yeux de beaucoup, devenu on/off et la maigre reproduction se faisant à 65 % hors mariage. Mais ce roman offre, avec un humour mâtiné d'ironie, une peinture précise d'une société, comme dit le préfacier, patriarcale et patrimoniale, aux règles solides, construite sur les vertus et les travers des hommes et sur leur capacité à générer et maintenir ce lien social. Nous avons dans ce domaine beaucoup à réapprendre et ce roman si bien écrit et traduit nous y convie !
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