Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

clette maison
 
On ne lit plus beaucoup Colette et c'est dommage. Ce roman paru en 1922 est un journal d'événements souvent minuscules, que le talent de l'écrivain magnifie. Peut-être est-ce la langue, éblouissante, qui frappe d'abord. Mais très vite, on est emporté par ce qu'elle exprime si bien, un amour sage et heureux de la nature et de la vie. Chacune de ces 35 courtes histoires est l'occasion de le célébrer, y compris quand, comme avec La petite Bouilloux, la chance passe. Nostalgie certes, mais aucune vindicte ; le monde est beau et le reste. À notre époque d'indignation d'enfants gâtés, une telle sagesse enjouée deviendrait-elle un délit ?
 

reza serge
 
Le livre affirme, page 122 : "Souviens-toi. Mais pourquoi ?... Ce fétichisme de la mémoire est un simulacre." De tels propos, assénés sans ménagement et discutables, sauvent néanmoins ce roman d'un inénarrable fouillis de disputes amicales et familiales. L'espoir de l'auteur est sans doute de faire émerger des caractères de ces interminables conflits. C'est sans doute en partie vrai ; on ne se révèle pas en buvant un verre d'eau. Mais la lecture devient lourde, laborieuse. Et ces personnages en bagarre recueillent difficilement notre empathie. Le théâtre, où un trait chasse l'autre, apportait à "Art" une vie et une légèreté qui l'un comme l'autre font ici défaut.

ruffin sanglots
 
Ce roman historique veut rappeler, dans un mode léger, sans apitoiement, le prix qu'ont payé les habitants de la Normandie non seulement lors de l'occupation allemande de la dernière guerre, mais aussi lors de la libération par les alliés. Cette dernière a rayé de nombreux villages et villes (Caen dans le roman) de la carte et a apporté chez les civils terreur et dévastation. L'intrigue est celle du destin d'un enfant, Lucien dit Lulu, qui après avoir perdu sa famille et ses amis va, seul, tenter de survivre au milieu de cet effondrement. C'est là que se révèle l'amour de la vie de l'écrivain qui joue, jusqu'à la paillardise, avec les événements qui se succèdent au cours de cette quête de ce qui reste de bonheur à cueillir au cœur du désastre. Non sans égratigner au passage quelques statues !