Fiches de lectures, critiques de livres, personnelles et subjectives !

moi memoire
 
L'auteur raconte, avec infiniment de douceur et de poésie, un événement dramatique vécu par un homme et sa fille fuyant un régime qui les broie et les criminalise. Leur vie est en jeu et le chemin d'une éventuelle issue est étroit.  Alors que le père, mathématicien, est conscient de l'enjeu, sa fille, 8 ans, perçoit cette fuite comme une aventure, riche d'incidents et d'imprévus. Double regard, où la volonté du père a permis cette fuite, mais où le réalisme enjoué de l'enfant la rend tolérable et sans doute même tout simplement possible. Un très beau livre, bref et touchant.

cantagrel traces
 
Il faut aimer J S Bach pour lire ce livre et il faut lire ce livre pour l'aimer un peu plus ! J S Bach a séjourné dans une région d'Allemagne qu'il est facile de parcourir de nos jours, pour visiter les lieux où il a vécu et où son œuvre a été conçue. Si vous faites ce voyage, permettez-moi un conseil : soyez accompagnés par l'auteur, un merveilleux conteur, qui de plus sait tout ce qui se peut savoir sur le musicien ! Ce livre apporte des réponses aux questions qui ne manquent pas de se poser au cours d'un tel périple, lorsqu'on approche par les sens la réalité de l'homme et de son œuvre. Qui était-il dans sa vie de famille, sociale, professionnelle ? Quelles étaient ses ambitions ? Qu'est-ce qui caractérisait sa foi religieuse ? Comment composait-il ? Pourquoi n'a-t-il pas fait éditer son œuvre de son vivant ou n'a-t-il pas composé d'opéra ? Quel est son héritage musical, sa trace ? Ce qu'on raconte de lui et de son œuvre est-il vrai ou faux ? Et, après cela, il nous restera à aller boire un verre au Café Zimmermann. On y va ?

bernhard extinction"Un effondrement"
 
C'est une autobiographie bien singulière que ce récit angoissé d'un homme qui ne voit à son mal de vivre qu'une issue, la mort, l'extinction. C'est le roman ultime, écrit en 1986, d'un auteur autrichien malade et quelque peu atrabilaire, où il exprime, en le mettant en scène sur une durée de trois jours, son dégoût de la société contemporaine et de l'histoire de son pays. Cela ne semble pas constituer la trame d'un roman très attractif et, pourtant, la lecture de ce long pavé récompensera le lecteur courageux, s'il ne s'étouffe pas d'indignation en cours de route. Car il me semble qu'on peut en faire deux lectures, bien différentes.
L'une, qui conduira très vite à fermer le livre, est de ne trouver dans ce texte que les vaticinations gratuites d'un bon à rien, entretenu, instable, mais fanatique, solitaire, une sorte de "bobo" mal élevé donnant des leçons de conduite et de morale à l'univers entier. Il aurait sans doute été écologiste décliniste dogmatique à notre époque !
L'autre lecture, plus littéraire et plus tolérante, est d'essayer de suivre les méandres de cette non-pensée en phase terminale et de chercher dans ses replis. On n'écrit pas 500 pages pour ne rien dire. L'extrême bonté d'âme des lecteurs de ce site, bien que fortement sollicitée ici pour lire ce drame, les conduira sans aucun doute à cette seconde forme de lecture. Je ne suis pas encore convaincu que ce soit mon choix.