
Le roman joue avec une idée simple. Sauf à avoir perdu tout esprit critique, nul n'est jamais satisfait de ce qu'il est. Alors, ne pourrait-on pas devenir un autre ? Sartre avait essayé d'en faire une philosophie. Et, comme le dit la citation qui ouvre le roman "S'interroger sur son identité, ce n'est pas rechercher ses racines, c'est se demander : qui d'autre puis-je être ?" Certes, mais un chat reste un chat et un âne un âne. Dommage, mais c'est ainsi. Ce n'est donc pas, à mon avis, dans cette idée, amusante mais très littéraire, que le livre trouve son originalité.
C'est beaucoup plus dans sa forme et dans sa qualité d'objet de lecture qu'il la trouve. La phrase est toujours belle, l'habileté d'écriture est exceptionnelle. Même si, parfois, les personnages en font beaucoup, on reste avec eux jusqu'au bout. On aimerait les comprendre parfois un peu plus profondément. N'est-ce pas le début de l'amour ?
Un excellent roman, intelligent, que l'on souhaite lire d'un trait.
Editions Albin Michel (1998) - 428 pages