
Le roman est très construit et l'on sent l'architecte derrière ces chapitres évoquant le passé et le présent qui s'assemble. Il procède ainsi par mention de moments forts qui auraient pu entraîner une conséquence, elle-même cause vraisemblable d'une action qui façonne le présent. Ce jeu logique habile est mené sans faiblesse, sans répit, et donne la cohérence au récit proposé. Au risque, ici et là, de demander au lecteur un petit effort pour suivre le fil.
L'affaire se déroule essentiellement aux USA à la fin des années 1920, à l'époque du krach boursier qui va contribuer à la fortune et à la respectabilité du héros du roman. Elle se déroule également dans l'univers des émigrés allemands de cette époque, particulièrement dure. La vie de la "dame" portraiturée ne manquera pas de toucher le lecteur, autant que le fera le sort de ses descendants et même celui de ceux qui, de près ou de loin, contribuent à cette aventure.
Le lecteur ne doit pas s'attendre à trouver ici beaucoup sur Gustav Klimt, mais plutôt à participer à un jeu de piste qui joue du temps et des lieux pour construire ce récit , plein de sensibilité et de charme. Une belle lecture.
Calmann-Lévy (2024), 360 pages