On peut tout attendre de Céline, mais pas de s'ennuyer en le lisant. Ce roman vantard, excessif, centré sur le nombril de l'auteur, ne me convainc pas, à l'opposé d'autres qui ne le sont pas moins, mais ajoutent à cela un parfum venu d'ailleurs assez puissant pour nous tenir en haleine. C'est quand même du Céline, mais sans squelette !

 

On adorera, bien entendu, les néologismes éblouissants de l'auteur, toujours amenés au bon moment au bon endroit et dont on se dit souvent qu'il n'y avait pas mieux à imaginer pour cerner l'idée. On comprend là cette destruction créative de la langue qui le caractérise. Elle est au service de quelque chose. Quand, en revanche, Céline nous offre de la destruction pour de la destruction, c'est pour moi de la violence inutile qui ne le grandit pas et c'est ce que j'ai ressenti ici.

Peut-on concevoir que ce récit était une façon de s'entraîner chez l'auteur et que sa parution est discutable ? J'ai sans doute tort, mais quoi qu'il en soit, on reste, à mes yeux, loin de ses grands romans.

À recommander aux collectionneurs seulement !

Gallimard (2022/1933), 185 pages