conroy corps ame
 
J'aurai du mal à exprimer ici tout le bien que je pense de ce roman. Il est positif, chaleureux, mais sans emphase. Il est aussi l'occasion d'une promenade dans le New York des années 40 et de découvrir le formidable élan de cette société qui se préparait à dominer le monde. Il est enfin un hommage à la musique classique, prodigieuse école de maîtrise de soi et chemin d'élévation (d'initiation ?) pour le jeune garçon pauvre, mais supérieurement doué, héros de ce roman. Sans oublier le coup de chapeau adressé à la musique de jazz de cette époque, offrande princeps de l’Amérique au monde de la culture. Quelle richesse, n'est-ce pas ? Et si l'on y ajoute l'émotion que l'on ressent à sa lecture, voici un livre qui mérite qu'on le fréquente !

conroy corpsPlusieurs fois, ce roman m'a profondément ému lorsqu'il relate les succès et les découvertes qui jalonnent le chemin parfois difficile suivi par Claude, le musicien. Pourquoi ? Et en sera-t-il de même pour ceux qui se sentent moins proches de cet art ? Lisez-le, et dites-le moi ; cela m'intéresserait.

Le jeune Claude est issu d'un milieu pauvre de New York, mais possède un talent musical exceptionnel qui sera vite reconnu et aidé. Quelle chance ! Tout ou presque sera ensuite la confirmation de cette chance et de ce pouvoir qui le conduiront au sommet, tant du piano classique ou jazz que de la composition.

Tout cela est-il vraisemblable ? Acceptons-le comme aussi improbable qu'un grand talent et laissons nous porter. La très sérieuse documentation musicale de l'auteur impressionne et donne un sceau de vérité au reste.

Sa description subtilement vitriolée des milieux aristocratiques américains vaut aussi son pesant de vinaigre. Quant à l'intrigue elle est linéaire et n'a rien de celle d'un policier. On sait où on va, et , en ce qui me concerne c'est là que je souhaitais justement aller. Soyons clairs : rien ici n'évoque la littérature de combat ou de recherche. Un bon roman, point.

Quelques développements, d'un "romantisme" un peu convenu auraient sans doute pu être évités, mais ils aident à faire pleurer dans les chaumières. Pourquoi pas..

Et, même si la musique n'est pas votre hobby (j'allais dire violon d'Ingres) sautez les pages techniques et laissez-vous porter.
 
Editions Folio 4018 (1996) -690 pages