"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Alain Finkielkraut est avant tout un homme des lumières, avec tout ce que cela comporte d'espoir de voir un jour l'homme conduire sa vie, sans le secours d'absolus tombés du ciel. Cela implique un usage constant de la raison et de l'expérience, fragile comme un examen que l'on doit réussir et que l'on peut toujours craindre de manquer.
Il a aussi toujours voulu être un homme de l'esprit, de l'expression juste et claire, nourrie de savoir, fuyant formules et pirouettes, seule apte à ouvrir ce dialogue auquel il aspire.
Il est enfin "un juif au ciel vide", amoureux néanmoins de la terre de civilisation et de tradition qu'aurait dû être Israël, dont le destin l'inquiète.
AF est un intellectuel, autant écrivain que philosophe, au savoir considérable, à qui le chemin suivi par les sociétés actuelles nourries d'absolus laïcs, d'idoles, de mensonges et de divisions profondes donne le cœur lourd. Le dialogue très personnel contenu dans ce livre reflète tout cela. On y trouve toute la fraîcheur d'un vieil espoir de voir un jour l'intelligence précéder l'émotion et les passions.

Un sujet brûlant traité superficiellement : la désagrégation voulue des valeurs qui constituaient notre identité nationale. De bonnes constatations, mais trop de mots et pas assez de poids aux affirmations qui les accompagnent. Une plume qui voudrait déplacer une montagne.
