"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Ce livre est un essai de dialogue entre un astrophysicien et un moine bouddhiste d'origine européenne sur le savoir scientifique et son impact humain.
Il m'a vivement intéressé, par plusieurs aspects :
Ce livre est donc une invitation à compléter ce que nous savons si bien faire, comprendre et apprendre, par une autre voie de développement. Ici, c'est bien évidemment la voie bouddhique que proposent les auteurs. La réciproque serait, à mon avis, aussi recommandable. La formation scientifique de M. Ricard lui donne du poids dans le débat.
Ce livre passionnant (au moins pour moi qui en comprends le contenu scientifique, et en partie le bouddhique) laisse cependant dans l'ombre la question sans réponse du fossé qui sépare ceux "qui savent" de la masse qui ignore et continuera d'ignorer, avec les conséquences sociales et économiques de ce fait. L'échelle du savoir est un facteur de division des hommes. Quelles seraient les voies d'investigation possibles ? Celle de E. Jünger, par exemple ?
Livre difficile, mais qui fait réfléchir.
Editions Fayard/Nil, 2000

Dès 1920 A. L. réussit à pénétrer après mille difficultés dans la Russie, qui vient d'hériter l'espoir d'une partie du monde par sa révolution.
La déception est immense : mensonge, arbitraire, militarisme outrancier, famine, oppression, massacres. Il voit la mise à sac pour rien d'un pays faible, livré à une bande de dictateurs - expérimentateurs, Lénine et Trotski, et qui jusqu'à aujourd'hui ne s'en est pas remis.
Il est remarquable que ce journaliste se soit rendu compte dès 1920, malgré la propagande et l'espoir qui succédait à une guerre effroyable, de l'infamie de ce régime. Et honte à ceux qui chez nous, à l'aise dans leurs illusions, et trop paresseux pour les remettre en cause ou même les mettre à l'épreuve, ont glorifié (ils le font parfois encore) cette sinistre déchéance.
Le ton de ce livre est celui de l'auteur dans ses autres remarquables reportages : léger, plein d'humour, maniant la plume avec élégance et vivacité.
Editions Arléa

Lessing est un écrivain clé de la fin du 18ème allemand, l'Aufklärung.
L'action se passe à Jérusalem à la fin du 12ème siècle, à l'époque de la troisième croisade.
Ce livre est l'utopie d'un débat religieux entre les trois grandes religions monothéistes, conduisant à la réconciliation par la raison. Il est des périodes heureuses où un tel rêve pouvait être caressé... C'est aussi un pamphlet dirigé contre les rigidités des structures religieuses et des hommes (ici une femme) qui les suivent aveuglément, emplis de dogmes, rendant de telles réconciliations impossibles.
De ce conte, un peu naïf et très idéal, reste une leçon intemporelle de fraternité et de tolérance vraie qui nous touche et nous concerne encore.
GF Flammarion - Bilingue (1997)
Page 336 sur 336