saikaku cinq

 

Saikaku conte ici cinq histoires d'amour contrarié, à l'issue souvent dramatique, dans le Japon du 17ème siècle, pays encore fermé et de structure féodale;

Il faut sans doute un interêt pour ce pays pour entrer dans ces rebondissements qui d'ailleurs souvent se terminent de façon abrupte. Mais, d'une part ce livre est plein d'une poésie 'naturelle' propre au Japon et à l'art des 'haiku', et surtout il nous propose un panorama de la vie, des valeurs et des coutumes du Japon d'alors, tout baigné d'une violence sans merci, d'un rigorisme presque fanatique et d'un bouddhisme très tolérant.

Ce livre est un des grands classiques historiques de la littérature japonaise, à laquelle, soit dit en passant, on s'attache encore plus à chaque nouvelle découverte qu'on y fait.

 

Éditions Gallimard, Connaissance de l'Orient (1979)

 


 

saikaku amie

Ce livre japonais, écrit en 1686, est un véritable roman, un des tout premiers en date de ce pays. C'est d'ailleurs Saikaku qui créa ce genre au Japon et se rendit très célèbre, en particulier avec son livre " Cinq amoureuses ".

Une femme âgée, ancienne courtisane, raconte à des jeunes gens sa vie extraordinairement mouvementée, qui la conduira à la déchéance et en fin de compte à une paisible retraite dans un bien modeste ermitage. Le fil conducteur de cette existence est son 'amour de la volupté' dans un univers si différent du notre. Ballottée par une vie qu'elle voulait plus libre qu'il ne convenait en son temps, elle devient courtisane, profession beaucoup plus libre et acceptée qu'elle ne l'est de notre temps et dans nos contrées.Elle en sortira d'ailleurs souvent, pour y revenir occasionnellement, lorsque le son désir l'y pousse, ou, plus tard, lorsque tout simplement elle aura besoin de manger.

Ce livre est donc un récit haut en couleurs de cet univers du vieux Japon urbain du 17ème siècle, et tout particulièrement de ce monde des courtisanes, codé, structuré à l'extrême à la fois brillant et sordide. On y découvre combien il est difficile de conserver son 'classement' et que la descente de la longue échelle des rangs de valeur et de prestige est dure et impitoyable. Combien de fois n'avouera-t-elle pas son dégoût et la misère de sa condition, tout particulièrement à la fin de sa vie.

Mais tout au long de ce récit, accompagné de belles gravures, nous apprenons à rencontrer le monde japonais de la ville, ici Osaka. Nous y découvrons aussi la vie de cette classe émergeante du Japon d'alors, les petits entrepreneurs (les chônins) qui seront à l'origine de cette classe moyenne sans laquelle deux siècles plus tard le Japon n'aurait sans doute pas réussi son entrée fracassante dans le 20ème siècle.

Un grand plaisir de lecture, doublé d'un enrichissement de notre compréhension de cet insaisissable pays.

Éditions Gallimard, Connaissance de l'Orient (1975)