ogawa jeune fille
 
Voici un recueil de nouvelles pleines d'imagination, d'étrangeté, de sensibilité. Une atmosphère d'irréel un peu mélancolique enveloppe ces textes caractérisés souvent par une fin imprécise qui laisse au lecteur le soin de les compléter à sa façon ou d'accepter ces aventures inabouties, à la fois réelles et rêvées. Un style coulant, sans obstacle de forme, contribue à la proximité que nous pouvons avoir avec ces brefs récits. Mais cette errance de la pensée n'est-elle pas souvent proche de notre propre vie intérieure ? Des pensées qui n'aboutissent pas, des rêves qui se croisent, des attentes qui se perdent dans les sables... Un livre plein de charme, parfait pour accompagner une soirée nuageuse ou une pensée qui n'a pas envie de se poser.

ogawa professeur
 
Voici un roman japonais plein de douceur et de charme qui, outre le plaisir de sa lecture, offre d'inattendues perspectives dans un univers peu fréquenté par la majorité des lecteurs potentiels, à savoir celui de l'arithmétique et tout spécialement des nombres et de certaines de leurs relations. Que cela ne vous inquiète pas ! C'est un jeu auquel va se laisser prendre une aide-ménagère, celle qui nous raconte l'histoire et son fils. Et, si nous disposons d'un reste de curiosité, nous, les lecteurs, nous nous laisserons inévitablement entraîner. La grande richesse du livre réside cependant surtout dans la relation exceptionnelle qu'établit l'aide-ménagère et son patient, le "professeur", relation où se mêlent respect, sens du travail bien fait et responsabilité. Un roman qui fait du bien.

ogawa tendres plaintes

 

Un récit simple et direct, plein de nostalgie et de sensualité blessée, voici ce qui vous attend dans ce livre au charme puissant.

La narratrice vient de constater l'échec irréversible de sa vie conjugale et espère retrouver dans la solitude d'un village, au milieu des bois, la paix du coeur. Elle fermera une blessure pour en ouvrir une autre. Elle a, heureusement, un talent de calligraphe qui l'aidera à rebondir.

En dépit de l'intérêt qu'on y porte, ce n'est pas l'intrigue qui rend le roman si original. C'est son atmosphère et son parti-pris de sensibilité réaliste, pratique, où l'on voit chaque geste, chaque image pour ce qu'ils sont et non pour ce qu'ils signifient. Cette sensualité vivante est le fait de chaque personnage dont les talents sont d'ailleurs tous manuels.

Cette absence totale de prétention intellectuelle ou spirituelle est une bénédiction et donne à ce roman à la fois la légèreté des choses dont on sait l' impermanence et le poids ressenti de ce qui est réel et ne ment pas. Quand YO fait neiger, on a froid.

A cela s'ajoute, comme un fil conducteur à cette sonate, un fond musical qui nous accompagne à chaque tournant du livre. Le titre est d'ailleurs celui d'une pièce de clavecin de J P Rameau. Ce roman agit sur nous à la manière de la musique : rien à comprendre, mais tout à sentir, à ressentir et à faire résonner en nous pour nous toucher. C'est réussi.

 

Actes Sud (2010) - 240 pages