"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
Que penser de ce livre, qui tente de présenter (c'est parfait) et d'interpréter (ça l'est moins) le portrait d'une mère, pour le moins complexe ? L'étude psychologique de la fin du roman m'évoque une promenade en voilier sur un lac de barrage, là où l'on ne sait jamais d'où souffle le vent. Et pourtant, le lac est beau et sa contemplation rend heureux. Le récit de la vie de cette mère à facettes est un enchantement, dévoilé avec la sensibilité légère habituelle de l'auteur. Je suis moins touché par la tentative un peu désespérée d'en démonter les rouages, comme s'il s'agissait d'une mécanique dont le mode d'emploi serait perdu depuis longtemps.
Amélie Nothomb nous donne ici encore un roman léger, agréable à lire, mais dont l'ambition et le résultat vont plus profond que cette peau lisse de l'apparence. Au fond, elle nous rappelle que l'exil est une souffrance, car notre moi intime que les premières années de notre existence ont nourri et formé est un bloc indestructible qui prend toujours le pas sur nos émotions et désirs ultérieurs. Et donc, ici, que l'amour du Japon ne signifie pas que l'on puisse devenir japonais, ni, surtout, perçu comme tel par les autochtones.
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