nothomb aerostats
 
J'espère que AN s'est bien amusée en écrivant cette pochade, légère et aérienne comme les aérostats du titre, vive comme une partie de ping-pong et fort agréable à lire (en deux heures au plus). L'intrigue a la puissance d'un brin d'herbe et la vraisemblance d'une histoire de sorcières de mon Berry natal. Mais le talent de l'auteur en fait un gentil moment de plaisir, passé à observer les joutes oratoires des personnages. La fin est hélas poisseuse. On ne boit pas un verre de vinaigre sur une coupe de champagne ! Oedipe au placard, svp !

nothomb fait prince

 

On peut voir ce bref roman comme une tentative d'effacer l'histoire, ou de blanchir la page déjà écrite de sa vie. C'est surtout un exercice de style d'un écrivain doué. Mais ça ne va pas bien loin.

Tout, ou presque, est invraisemblable dans l'aventure irrémédiablement inexpliquée qui arrive à notre héros. Inexpliquée, parce qu'inexplicable, sans doute. Et on sent qu'AN joue avec ses lecteurs. Elle place par exemple un mâle mystérieux et décontracté dans la même cage qu'une superbe femelle, elle aussi décontractée et elle semble jouer avec notre impatience de les voir s'accoupler sans que cela ne se produise vraiment... Habile teasing.

Et tout cela est si bien raconté ! Il est difficile de mieux parler d'un verre de champagne qu'AN ne le fait ici, par exemple. Le métier est là.

Mais au fond, il ne se passe rien. Je dirais qu'on boit plutôt la bulle que le champagne.

Pourquoi pas, une fois de temps en temps ?

Albin Michel (2008) - 170 pages