claudel brodeck

 

Est-ce la réalité ou son souvenir que l'on fuit et même que l'on combat ? Et la vie serait-elle possible sans cela, au risque que l'ablation de ce souvenir installe le néant, comme le suggèrent les dernières pages du livre ?
C'est le sujet de ce conte, qui se déroule dans un lieu retiré, isolé même, et au sein d'une communauté fermée, dont les conditions d'existence sont plutôt rudes. Sa loi est celle qu'elle se donne. Le monde est loin et c'est ici et maintenant qu'elle doit assurer sa survie. Pas d'état d'âme à avoir : prendre ce qui semble bon, rejeter ce qui entrave.

claudel linhBonjour,

Mais non, mon histoire n'est pas vraiment triste ! Pleine de souvenirs d'un passé qui fut meilleur, quand mon grand-père avait sa famille autour de lui, c'est vrai. Mais nous sommes toujours restés ensemble après la déchirure. Il croyait s'occuper de moi, mais c'est moi qui l'aidais à surmonter son chagrin.

Savoir que quelqu'un, quelque part, a besoin de vous est le plus beau remède à la tristesse, à l'ennui. Je ne parlais pas, bien entendu, mais croyez-vous que les mots soient nécessaires pour faire comprendre que l'on est bien avec quelqu'un et que l'on a envie de rester avec lui ? D'ailleurs mon grand père n'a jamais échangé un mot avec Monsieur Bark ; c'était pourtant un ami comme on peut en rêver..

Alors si vous voyez vos vieux parents un peu perdus et tristes, faites comme moi. Montrez leur seulement que sans eux, vous ne savez pas ce que vous deviendriez. Ne le dites pas ; montrez-le seulement.

Au fait, je ne vous ai pas dit qui j'étais, mais vous aviez compris. La petite fille de Monsieur Linh.

Prenez bien soin de vous et de ceux que vous aimez, même un peu.


Editions Stock (2006) - 160 pages