perez reverte escrime
 
La nostalgie d'un code d'honneur guidant nos relations humaines est le thème profond de ce touchant roman. Préoccupation démodée, certes, à laquelle s'est substitué un code de la consommation et des droits individuels envahissants. Ici, notre maître d'armes n'en a cure et règle sa vie sur ce concept suranné. Respect de soi d'abord qui l'a conduit à dominer avec panache un art qui peu à peu se perd pour devenir ce qu'il nomme avec mépris un "sport". Il est convaincu qu'une arme est faite pour tuer celui qui menace son honneur et donc que celui-ci sera défendu à la mesure de la qualité du maniement de l'arme. Ainsi, avant de poser son fleuret au râtelier, il rêve de trouver la botte imparable, "la plus parfaite qui eût jamais surgi d'un cerveau humain". Quand sa vie ne tiendra plus qu'à un fil et en tuant le diable, il la trouvera, au mépris du dernier feu des sens qui a failli l'emporter.

perez reverte hommes de bien
 
La parution de l'Encyclopédie française à la fin du 18e siècle a créé une rupture que l'on a du mal à saisir, car elle mettait en cause les références culturelles qui justifiaient l'organisation de la société et en particulier Dieu et la royauté. Une nouvelle "Bible" venait de s'écrire. Le roman est l'aventure de deux académiciens espagnols, plutôt sensibles à l'esprit des "lumières", mandatés pour acquérir un exemplaire original de l'Encyclopédie. Le livre est interdit en France, mais surtout en Espagne, qui est encore sous le contrôle de l'inquisition à la fin du 18e siècle. L'aventure que vont vivre ces "deux hommes de bien" est pleine de rebondissements. Mais la valeur du roman tient aussi à  sa peinture de la vie en Espagne et en France en ce temps là, faite avec intelligence et érudition.