"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque
DB a un vrai talent pour raconter une histoire. Il est hélas incroyablement bavard. Tout cela fait un polard qui tient debout mais qui, à mon goût aurait gagné à perdre 300 pages. Les longues considérations véhémentes sur la foi et la religion sont superficielles et soporifiques ; les répétitions de crimes, à peu de choses près identiques, sont ennuyeuses, pour ne donner que deux exemples.
Ce roman (ce conte ?) est le premier livre de MF. Il se lit en peu de temps et possède un charme exceptionnel.
L'histoire d'abord est un parcours initiatique où maître et élève échangent jusqu'à la fusion, à la recherche de la beauté absolue. A noter au passage cette subtile remarque qu'une telle recherche, limitée à un seul domaine d'expression (ici la poésie), conduit à une beauté parcellaire seulement. Heureux rappel de l'unité de la culture et du savoir..
Le paysage ensuite, dont la neige est l'unité qui par sa présence presque négative révèle, souligne, et laisse le champ libre au "Vide et Plein" que François Cheng a si bien décrit et que ses livres évoquent intensément (Le dit de Tianyi ou L'éternité n'est pas de trop, par exemple).
Enfin la poésie dont la forme est ici celle du Haïkaï japonais (17 syllabes en 3 vers), qui par sa brièveté ambiguë évoque merveilleusement ce que les mots ne peuvent pas dire.
Musique de neige
Grillon d'hiver
Sous mes pas.
On peut se sentir un peu piégé par le plaisir que confère cette lecture, balade exotique un peu aguicheuse et complaisante. Je ne suis pas certain d'avoir envie de le relire. Mais il serait un peu vain de bouder son plaisir, non ?
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