"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque

Ce roman (ce conte ?) est le premier livre de MF. Il se lit en peu de temps et possède un charme exceptionnel.
L'histoire d'abord est un parcours initiatique où maître et élève échangent jusqu'à la fusion, à la recherche de la beauté absolue. A noter au passage cette subtile remarque qu'une telle recherche, limitée à un seul domaine d'expression (ici la poésie), conduit à une beauté parcellaire seulement. Heureux rappel de l'unité de la culture et du savoir..
Le paysage ensuite, dont la neige est l'unité qui par sa présence presque négative révèle, souligne, et laisse le champ libre au "Vide et Plein" que François Cheng a si bien décrit et que ses livres évoquent intensément (Le dit de Tianyi ou L'éternité n'est pas de trop, par exemple).
Enfin la poésie dont la forme est ici celle du Haïkaï japonais (17 syllabes en 3 vers), qui par sa brièveté ambiguë évoque merveilleusement ce que les mots ne peuvent pas dire.
Musique de neige
Grillon d'hiver
Sous mes pas.
On peut se sentir un peu piégé par le plaisir que confère cette lecture, balade exotique un peu aguicheuse et complaisante. Je ne suis pas certain d'avoir envie de le relire. Mais il serait un peu vain de bouder son plaisir, non ?
A la suite de la lecture (et relecture qui a transformé ma surprise en incompréhension réactive) du 1er chapitre (L'existence comme signe), je crois devoir marquer une pause. Il est en effet difficile d'être plus en désaccord, dès les premières pages, avec un auteur que je le suis ici. ChD affirme avec vigueur des préjugés, certes écrits dans une langue simple et claire, mais qui restent des préjugés que je ne partage pas.Page 285 sur 346