"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Narayan a écrit ce recueil de nouvelles d'Inde de Sud en 1985.
Toutes sont brèves, ont du charme, jamais violentes, souvent pleines d'humour et parfois incongrues. Les personnages vivent leur vie quotidienne, simplement, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas, parfois, confrontés à d'étranges événements.
Elles nous amusent encore, aujourd'hui et ici loin de l'Inde, car ce qui s'y passe pourrait nous arriver aussi, parfois. Par exemple, si vous trouviez une statuette de belle facture en bêchant votre jardin, que feriez-vous ?
Narayan nous offre là un bon moment de détente, jusqu'à ce que...
Ciel, aurais-je perdu la mémoire ? Je me tais.
Georg Hermann (1871-1943) est berlinois, écrivain et eut au début du siècle un immense succès en Allemagne. Il écrit le présent roman en 1906, dont l'action couvre la société bourgeoise berlinoise du milieu du 19 ème siècle. Le livre est formé de deux romans distincts, "Jettchen Gebert" et "Henriette Jacoby". C'est de ce dernier dont nous parlerons ici. Il serait difficile de ne pas voir là œuvre d'un très grand romancier classique. Aussi bien l'acharnement antisémite de l'Allemagne d'Hitler que le fanatisme castrateur de l'Allemagne communiste ont bien failli nous en priver. L'auteur mourra d'ailleurs à Auschwitz en 1943.
Ce livre réunit des articles de SR parus entre 1980 et 1990 dans la presse anglaise et aux sujets divers, mais incontestablement orienté et liés par l'origine indienne de l'auteur aujourd'hui citoyen britannique. Ils ont, pour l'ensemble gardé leur pertinence et leur intérêt, ce qui à notre époque n'est pas un mince compliment.
Au fond, et à la différence de Naipaul, c'est moins l'Inde qui intéresse SR que son propre statut d'expatrié qui lui confère du recul par rapport à son ancien pays et le plonge dans le monde imparfait de l'émigration, où il ne sera jamais un écrivain britannique, mais un écrivain "de langue anglaise", ou pire, "du Commonwealth".
N'étant plus indien, pas tout à fait britannique, il devient un homme du monde, sensible à toutes les causes qu'il estime justes. Il nous parle ainsi à sa manière de la Palestine pour laquelle il exprime sa souffrance.
Particulièrement intéressant est son rapport à l'Islam, sa religion de naissance dont il s'est écarté, mais qu'il connaît bien. Ses articles sur le scandale des "versets sataniques" le prouvent. Son analyse des régimes politiques du Pakistan sont également passionnants.
Il passe aussi en revue des hommes, écrivains, artistes, hommes politiques ; revue pimentée, originale et souvent savoureuse.
Un livre touche à tout mais recommandable à ceux qui acceptent de ne pas espérer qu'il n'y a qu'une bonne façon de voir le monde...
Page 291 sur 325