"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque

Ce beau roman prend prétexte de la guerre d'Espagne pour aborder plusieurs comportements humains et surtout l'engagement, face à un monde qui ne fonctionne plus, ni dans sa tradition, ni dans la modernité qu'il croit s'être donnée. Utopies multiples meurtrières au fusil, conservatismes violents en face, tout est là pour donner à la mort le premier rôle, elle qui sait se parer d'une séduction ravageuse.

Vivre un exil, choisi ou non, est une épreuve. Stephan Zweig, chassé de son pays, en est mort. Notre héros, hongrois séjournant à Paris, y acquerra une expérience considérable sur lui-même et sur le monde. Un magnifique roman qui nous rend intimement proches de situations que beaucoup ne connaîtront jamais, mais de plus en plus courantes dans notre monde actuel, le tragique des guerres en plus. Et quelle superbe fresque du Paris de l'entre-deux-guerres !

Quel cirque ! Dans tous les sens, d'ailleurs. Image fragile du monde, image rêvée. Espoir de mieux, de plus... Folie, pourrait-on dire, délire, rupture, matrice d'autre chose ? Un grand rêve qui souvent finit mal lorsqu'il veut s'inscrire dans le réel, mais qui, dans ce roman, s'enfonce dans le noeud du typhon, nous laissant toute liberté pour lui donner, ou non, une suite.
Lire la suite... Jean-Marie Blas de Roblès, L'Ile du Point Nemo
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