"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Ce court roman de 1954, d'un humour irrésistible, imagine un avatar de notre regrettée 4e République : un roi, pour faire face à une crise, dont elle était coutumière. Son bref passage au pouvoir est un condensé des moeurs institutionnelles de ce régime des partis dont nous ne sommes pas tout à fait débarrassés, malgré De Gaulle.
Tout va s'y retrouver. Des discours idéologiques grandioses aux jeux politiques de couloir, des promesses mort-nées aux copinages inavouables, des luttes de pouvoir aux aimables retours d'ascenseur. Et surtout l'inconstance de la foule des citoyens : "des veaux" disait le grand Charles.
Bien entendu, rien n'est très crédible là-dedans, mais on s'amuse vraiment, d'un bout à l'autre. Notre pauvre roi, choisi bien malgré lui, va fort maladroitement jouer son rôle. Son tort aura été d'y avoir cru un instant... La faune politique aura vite sa peau.
A chaque page, on pourrait trouver un fait, un comportement qui pourraient se retrouver inchangés dans le monde politique professionnel d'aujourd'hui. Cela contribue à l'actualité de ce livre, juste et drôle. Une réussite que les éditeurs ont bien tort de bouder : on ne le trouve plus que d'occasion.
Ce Ruffin-ci, avec deux f, nous offre un bien agréable roman, construit sur une hypothèse plausible de cette énigme féconde. Mais c'est surtout, écrit avec un talent incontestable, une promenade légère et pleine d'humour dans ce 17e siècle de Louis XIV et son zoo aristocratique.
Ce livre est une biographie partiale de DCh, fondée sur des entretiens. Staline et ses méfaits criminels y sont omniprésents ainsi que leur toxicité sur la vie culturelle russe. Et tout cela est raconté, comme si DCh le faisait lui-même, en oscillant entre désespoir et humour.
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