"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Il s'agit de l'histoire du "Canard Enchaîné" et de ses "affaires". On y découvre en particulier que l'image de liberté et d'indépendance que ce magazine voudrait avoir ne colle pas bien avec une réalité où le jugement des journalistes est entravé par les idéologies de gauche et l'affection sans borne pour Mitterrand. On a les dieux qu'on se donne.
Heureusement, l'histoire du Canard ne se résume pas à ça. Le livre montre bien les phases de cette histoire : au début, un journal un peu anar qui critique tout, puis un journal plus politique, d'investigation, moins spontané, après la guerre d'Algérie. C'est là qu'il va se trouver impliqué, souvent en initiateur, dans les marécages des affaires. Incontestablement, en faisant sortir des magouilles que certains auraient voulu garder cachées, il rend un service de contre-pouvoir, indispensable à une démocratie qui doit le craindre. L'Etat cherchera même (affaire des micros) à le maîtriser, sans succès heureusement.
Tout cela est humain et donc n'est pas exempt de passion, pour ou contre. Pour Mitterrand (ciel !) et contre "La droite" qui, de temps en temps, le mérite bien. Mais au risque d'y perdre la confiance des lecteurs qui le sentent trop. Que tous les maquignonnages du bon François soient passés sous silence ou tournés à son avantage ne relève plus de la recherche de la vérité, mais de la foi. On pardonne bien aux dieux de condamner tous les hommes à mort...
Ce que j'apprécie à la lecture de ce livre, c'est qu'il ne cherche jamais à jouer le super héros, même s'il désapprouve, visiblement. C'est ça la tolérance. L'image du magazine en sort plus claire et au fond, plus humaine.
Peut-on établir un parallèle historique entre la situation de l'Empire romain des années 360 et l'Occident actuel ? C'est la thèse que défend ici brillamment l'auteur, avec des arguments qui méritent considération.
Ce livre est, comme l'écrit la 4e de couverture, une méditation romancée sur l'histoire, mettant en parallèle les destins deux dirigeants conscients de leur perte d'influence sur le monde. Ils ont, l'un comme l'autre, du mal à redresser la barre. L'Amérique et Rome ? Certes, mais les réflexions ici faites s'appliquent aussi à l'Europe qui a pratiquement décidé elle-même, par ses guerres répétées, de s'auto détruire.
Lire la suite... Gilles Cosson, Dans l'ombre de la décadence
Ce livre, remarquablement bien documenté sur ce qui bouleverse le Moyen Orient depuis plus de deux ans, est une aide précieuse pour se faire une image de ces bouleversements. Il laisse néanmoins béante la question que nous nous posons tous : que va-t-il se passer maintenant ?
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