"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Ce livre veut montrer que la femme, aux premiers temps de l' Islam, avait un poids et une liberté qu'elle a aujourd'hui perdu. Il a été écrit entre 1985 et 1990 par une algérienne qui vit en France depuis 1980 et qui écrivait déjà pendant la guerre d'Algérie.
Son livre est constitué de petites histoires courtes portant toutes sur des femmes qui ont, à un titre ou un autre, vécu dans la mouvance du prophète. Femmes réelles ou imaginaires ? Elles sont en tous cas fortes, présentes, et ont chacune à sa manière un sens de la liberté qu'il serait difficile de mettre en œuvre aujourd'hui dans le monde musulman sur la défensive. Certaines sont chefs de guerre, d'autres prophétesses, d'autre "griot" du prophète Mahomet, ou encore reines de petites tribus.
Ce sont toutes des personnages au caractère marqué, volubiles comme sait l'être la méditerranéenne, aimant les mots et parfois le drame qu'ils décrivent avec véhémence. Cris, mélopées, imprécations, prières, en un mot tout ce que personnellement je considère comme la face archaïque de l'être humain en tribu, ivre de vérités révélées d'origine divine et donc irréconciliables avec celles du voisin. Une promesse de haine, de guerre, de rejet de l'autre.
Ce livre est intéressant et fort bien écrit, mais quel mauvais usage de cette force et de cette liberté il nous expose !
Éditions Livre de Poche No 13672 (1995)
Si ce roman,écrit en 1913, n'est pas ce que l'auteur a fait de mieux, il se lit cependant avec grand plaisir.
L'histoire est celle d'un jeune officier pauvre, qui éprouve une grande pitié pour une jeune (et riche !) infirme. Sentiment trouble et situation ambiguë où l'officier voit aussi son intérêt : être reçu par une famille aisée dans une ville de garnison où il est seul. Mais cette pitié déclenche chez l'infirme un amour violent dont l'issue sera tragique.
Cette intrigue est, pour moi, légère et peu captivante. Tout n'y est qu'excès sans atteindre à la démesure et la qualité tragique d' autres œuvres de l'auteur, comme "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme". Que cet officier ne sente pas dans quel guêpier il s'engage est peu crédible et qu'il prenne d'aussi mauvaises décisions quand le drame est avéré est fort artificiel.
Il reste le style superbe de l'auteur et la description de ce monde de garnison autrichien qui va disparaître dans la guerre imminente. Ce n'est déjà pas si mal...
Éditions Grasset - Les cahiers rouges 1987
Il faut avant tout lire ce bref récit, écrit en 1983, comme un roman historique que le sous-titre résume d'ailleurs assez mal. Deux siècles (12 et 13ème) de rêves de conquête des lieux saints par les chrétiens se déroulent ici, et tiennent notre attention de lecteur en éveil. La chose est connue ; mais ce qu'elle révèle du monde musulman l'est moins et peut, aujourd'hui encore, nous aider à comprendre cet univers, que nous ignorons pour l'essentiel.
Lire la suite... Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes
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