"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Ce livre est un thriller géopolitique passionnant, mené sans faiblesse, qui, même s'il s'agit d'une fiction, nous ouvre des fenêtres sur le pouvoir chinois, son organisation, ses luttes internes.
L'intrigue va se dérouler pratiquement en un seul lieu, fermé, menacé, dont les seules ouvertures sont les contacts électroniques vers l'extérieur, sous surveillance. Lieu hostile ? Non, je pense plutôt qu'il est neutre, infiniment, pour ne gêner en rien les jeux subtils qu'il va abriter. Il s'agit du consulat américain de Chengdu, où un haut dignitaire chinois vient demander l'asile politique.
Ce roman est l'histoire, inquiète et tendre, du Liban récent. Chaque personnage, issu du big bang des guerres civiles symbolise à sa façon cette perte d'Orient. Un superbe livre, intelligent, serein, mais sombre.
De jeunes universitaires formaient un groupe plein d'espérance, nourri d'amitié chaleureuse lorsque les guerres civiles apportèrent la pesanteur incontournable d'une autre réalité. Celle-ci allait, peu à peu, imposer sa logique de survie. Ce groupe, qui vivait jusque-là dans la convivialité levantine va exploser. Chaque membre allait conserver de l'époque révolue le souvenir d'avoir vécu un temps privilégié, exceptionnel.
Quel bonheur d'apprendre en 364 pages qu'un couple qui envisage le divorce est composé de deux partenaires d'avis différents ! Même si c'est assez bien dit (quoique dans un style racoleur), c'est long et la révélation ne vaut pas le voyage.
D'abord, préparez-vous à la compassion (c'est tendance).
Le couple se serait aimé, mais la grande différence sociale des deux postulants les rend victimes de la vindicte de la famille riche, alors que la pauvre était toute prête à accepter cet écart ! Tu parles, Charles ! Salauds de riches (c'est tendance) !
Et le beau jeune homme, un peu coureur, limite correct, se fait un AVC. Sortez vos mouchoirs à compassion (comme dit plus haut, c'est tendance). Alors, sa belle compagne, jalouse à en crever, lui tricote un bondage physique et mental de derrière les fagots. Domination. C'est aussi tendance.
Entre temps, elle avait perçu, page 338 (oui, je suis allé jusque-là ; et alors ?), que si elle voulait se mettre sur la voie de la sagesse primale (mettez-m'en un kilo) il lui fallait, de son coeur pur, fusionner ses énergies, les prendre en mains et escalader la montagne des énergies positives ! Ce salmigondis New Age n'est-il pas délicieusement tendance ?
Tout ça est l'occasion de scènes chaudes, très tendance nuances de Grey, ce qui aide à l'écoulement de ce que vous savez, mais aussi du livre.
Si vous arrivez à la fin (est-ce bien nécessaire ?) vous découvrirez avec frustration qu'il ne se passe rien de plus qu'au début ou au coeur du livre. Quoi que.. Allez, je retire ça, le livre n'a pas de coeur. Peut-être est aussi tendance ?
Page 163 sur 325