"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Un chef d'orchestre tourmenté et génial, Carlos Kleiber, trouve ici son biographe passionné, à travers les propos d'un violoniste attentif et séduit.
Carlos Kleiber fut un des derniers chefs romantiques, obsédé de perfection, comme le furent à leur manière d'autres musiciens, comme Glenn Gould ou C Celibidache. Obsédés jusqu'à la monomanie, jusqu'à une certaine stérilité qu'imposait une recherche éperdue d'absolu.
On peut trouver cela excessif, fanatique, mais cela existe, vouant parfois au mépris (voyez les vidéos de C Celibidache !) ceux qui ne suivent pas le maître. On peut aussi appeler cela du génie... jusqu'à ce que la mode de l'interprétation change ou que la qualité de la prise de son périme l'enregistrement. Eblouissement de l'instant vécu, sans doute. Définitif (ce que pensait C Kleiber), je ne le pense pas.
Quoi qu'il en soit, ce livre décrit avec verve la vie de Kleiber ( vivait-il vraiment ?) vue par le regard d'un violoniste du rang imaginaire. L'idée est intéressante et rend bien l'intimité d'un musicien avec un chef qu'il vénère. Et puis, c'est un hommage que chacun peut comprendre et apprécier, à une grande figure de la musique, que le temps commence à effacer.
La lecture est agréable et coule sans pédanterie musicologique. Un excellent livre.
Un bien triste moment d'histoire, raconté sans emphase et avec une très belle prose. Les hommes sont tous frères ? Certains le sont moins que d'autres...
L'aventure est peu connue. Au début du XXe Siècle, des Japonais solitaires, implantés aux USA, font venir des femmes du Japon. Ils sont travailleurs agricoles ou manoeuvres et ont menti sur leur profession et sur eux-mêmes pour les attirer.
L'arrivée, après un dur voyage, est une déception à la mesure de leur espoir. Mais la force du temps qui passe rend supportable cette déconvenue. Des familles se créent, les enfants réussissent, s'intègrent, deviennent américains.
Le toit leur tombe à nouveau sur la tête, quand la guerre éclate avec le Japon. L'espionnite saisit les USA : tous les Japonais sont des traîtres en puissance et leur exil est organisé en lieu sûr. Arrachés à leur vie, à leurs biens, à leurs amis, ils sont rejetés hors du monde et voués à l'oubli.
Cette affaire infâme est dite sans cri, sans anathème, dans un souffle épique où toutes ces voix chantent ensemble leur drame, comme un choeur modulant ses larmes pour les rendre supportables.
Une oeuvre de mémoire, originale et belle.
Quel livre ! Un rêve éveillé dans un monde encore proche, celui de la RDA, qui laisse aujourd'hui des traces profondes, pas seulement en Allemagne. Une superbe promenade balzacienne dans la société des 10 dernières années de cette RDA.
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