"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Voici un plaidoyer bien étayé sur l'aveuglement où nous ont conduits la foi dans le monétarisme et l'illusion des marchés parfaits. C'est aussi un plaidoyer pour un keynésianisme actif , un rôle régulateur retrouvé des collectivités humaines et une responsabilisation accrue des acteurs financiers. Tout le contraire de ce qui a été fait et de ce qui continue à se faire sous nos yeux.
Lire la suite... Joseph Stiglitz, Le Triomphe de la cupidité
Ce livre doit d'abord être lu pour une raison majeure : il nous rappelle qu'une démarche scientifique n'est pas une recherche de consensus, ni de majorité. Une théorie explicative doit être sans cesse remise en cause jusqu'à ce qu 'une autre théorie, plus fine, la complète, si tant est que des faits ne viennent pas l'invalider. C'est tout le contraire de ce qui vient de se passer sur le climat, à la limite de l'escroquerie intellectuelle. C'est l'honneur de ce livre de l'écrire et de montrer pourquoi.
Pour faire vite, tentons d'extraire les idées essentielles qu'il contient.
La perspective d'assister prochainement à l'opéra de Tchaikovski m'a convaincu de lire le roman lui-même, dont est tiré le livret. Quel plaisir ! Cette histoire romantique et touchante, traitée dans une langue enjouée et pétillante de jeunesse est une merveille !
Jamais le texte ne prend au sérieux les difficultés de la vie, qu'elles soient le fruit de l'imagination du romancier, ou qu'elles soient les difficultés réelles des Russes au début du 19e s.Un exemple. Au cours d'un voyage vers Moscou un équipage peine sur des routes défoncées. Et Pouchkine :
Si les Lumières bénéfiques
Avaient chez nous un peu de champ,
(Les tablettes philosophiques
L'affirment, d'ici cinq cents ans,
Voire un peu plus), alors, sans doute,
Nous pourrions transformer nos routes...
Jamais il ne fait la morale, ne dénonce, ne vitupère. Son esprit joyeux et son verbe léger y suppléent.
C'est sans doute ce contraste entre une forme aérienne et une intrigue grave qui fait la saveur du roman, resté un des piliers de la littérature russe. Son succès me semble résulter de sa parfaite adéquation à une constante du peuple russe, souvent appelée son "âme", qui sait, à la fois, subir un destin sombre et s'enthousiasmer sur la beauté des fleurs, un verre d'alcool à la main, car il faut que la vie continue.
Une très agréable lecture, encore aujourd'hui, favorisée par une traduction en vers octosyllabiques remarquable, d'André Markowicz.
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