"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
Le Soufisme est, dans l'Islam, la tentative d'union intime avec un Dieu transcendant, hors du monde, hors du temps, au moyen de pratiques conduisant à l'extase mystique. Ce livre, peu critique, est un panorama historique et analytique de cette branche de l'Islam.
Mon esprit mécréant ne m'aurait pas conduit naturellement à cette lecture, si je n'avais eu le coup de foudre, il y a bien longtemps, pour la musique soufie du Pakistan et en particulier pour Nusrat Fateh Ali Khan. J'en tirerai une première conclusion : il y a un monde entre les oeuvres des hommes, ancrées dans le réel et leurs rêves mystiques. On peut aimer les premières et prendre conscience de la vacuité des seconds. Ce n'est pas contradictoire.
Sans doute pour moi, le plus agréable à lire des trois. J'aime les histoires qui finissent bien... Et le détour sur les turpitudes d'une administration mal contrôlée mérite qu'on s'y attarde. Ca n'arrive que dans les romans ?
Quant au tableau des journalistes vertueux amenant la lumière à la pauvre démocratie menacée, j'aimerais y croire. Il me semble que c'est (hélas, peut-être) un rêve. Mais c'est bon de se laisser porter.
Et même la démocratie a des ressorts qu'on sous-estime : la justice passe, enfin, dans le roman !
Et bien, malgré mes réserves, j'aime mieux ça que la sinistrose à la louche dont nous sommes trop souvent abreuvés. Alors, je marche.
L'ensemble est bien construit, en dépit des longueurs habituelles, avec une scène de tribunal d'anthologie.
Allez, je suis bien triste de savoir qu'il n'y aura jamais un no 4 à la série.
On peut encore lire avec grand plaisir un livre de poésie chinoise du 4e. siècle, surtout lorsque, comme ici, il nous fait partager la vie retirée et simple choisie par son auteur, pour atteindre ainsi son idéal taoïste d'harmonie avec le monde.
Je me suis intéressé à lui après la lecture de "L'importance de vivre" de Lin Yutang, qui, souvent, cite TYM et lui voue une admiration sans limites. On comprend vite pourquoi. TYM a, au prix d'un renoncement délibéré à une vie sociale réussie qui était à sa portée, choisi de se retirer et de mener une vie modeste et simple. C'est exactement le modèle que Lin Yutang privilégie.
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