"Il n'existe qu'une langue pour exprimer des vérités absolues : la langue de bois"
"L'obstination et l'ardeur des opinions sont la preuve la plus sûre de la bêtise" Montaigne, III,8
"Rarum est felix idemque senex" Sénèque

Un plein de surprises, en effet, pimentées d'un humour grinçant et décalé. Trois nouvelles brèves, dignes du "Pingouin".
Ces nouvelles ne sont peut-être pas aussi puissantes que "Le Pingouin". Mais on y retrouve AK, son goût pour les situations improbables et son désenchantement masqué par un humour caustique. Mais ce désenchantement n'est pas synonyme d'impuissance. Il y a toujours une solution, un acte rédempteur, dans les pires situations.
Allez donc prendre quelques cours de tourisme de l'extrême, de srip-tease structurant ou de mycologie carcérale chez AK et vous ne vous ennuirez pas !

J'espère que le succès de ce livre est lié à son prix, 3 euros. Car s'il l'était pour son contenu... Quelques banalités à la mode écolo-palestino-droitdel'hommiste sur un fond individualiste, tout cela est insupportable...pour une démocratie.
Cette flatterie, qui consiste à faire croire à chacun que son jugement et l'indignation qui en résulte face à ce qui paraît inacceptable, valent mieux que le jugement des représentants de sa démocratie, est non seulement une erreur, mais une faute.
La démocratie ne repose pas sur les opinions immédiates, les droits de l'homme, le pouvoir de la rue, la liberté, les élections et autres concepts, certes respectables, mais sur les institutions qui organisent la société et le pouvoir des représentants de cette société, qu'ils gèrent en faisant respecter les idées de la majorité temporaire. Ce qui signifie que ceux qui ne pensent pas comme cette majorité, ont alors deux devoirs : celui de tolérer cette majorité et de préparer, s'ils le peuvent, la majorité suivante autour de leurs idées.
Ce que SH a pu vivre dans des circonstances exceptionnelles et qui a justifié ses engagements et le fait qu'il se soit départi de cette règle est une chose. Nous ne sommes pas dans cette situation aujourd'hui. Son "Indignez-vous !" racoleur, pour des causes d'ailleurs discutables, est une flagornerie, bien dans l'air du temps, adressée au citoyen individualiste (j'ai raison contre tous !) et dominé par ses émotions (l'indignation, par exemple). Exactement le contraire de ce qui fonde les démocraties.
Indignons-nous qu'un tel papier soit un succès !

L'Histoire essaye de comprendre la logique des événements, en laissant dans l'ombre la vie des êtres qui n'en sont pas les héros publics et reconnus. Ce merveilleux journal fait l'inverse, exactement, dans la tourmente des années 1916-1920, en Russie.
Alia est une jeune fille aisée de 17 ans intelligente et sensible qui écrit son journal. Elle sait bien que son pays va mal, que le Tsar est le jouet d'un fou et que Dieu, un peu débordé et peut être même disparu, n'accorde plus une bénédiction efficace à son pays, en guerre avec l'Allemagne.
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