damasio zone dehors

 

Voici un livre de science-fiction (2084, un clin d'oeil) qui aborde un thème politique important : avons-nous échangé notre liberté contre une douce soumission au confort de l'assistance ? Dit autrement, la social-démocratie, pour pouvoir fonctionner, fait-elle de nous des veaux ? Encore qu'un esprit frondeur peut retourner la question : si nous sommes des veaux, peut-on espérer mieux que la social-démocratie ? Bien entendu, le roman ne répond pas à la question qui n'a sans doute pas de réponse. Sinon, ça se saurait ?

ferrante nouveau nom

(L'amie prodigieuse II)

Même si nous avons là un très beau roman, le charme exceptionnel du premier tome de cette saga, dont c'est le tome 2, n'est plus tout à fait là. Ce qui était surprise, découverte devient un peu répétition dans la forme. Et pourtant ce long livre nous tient, avec son récit d'une ascension sociale par l'éducation d'une des deux amies, Elena. Mais cette victoire sur elle-même et sur ses origines ne sera pas sans conséquence. Une distance s'installe dans son univers affectif et elle ne peut s'éviter un jugement sur les comportements de sa famille et de ses amis. En contrepoint, Elena aura autant de mal à se sentir chez elle dans le monde où son intelligence et son travail la propulsent, monde très éloigné de celui de son enfance. Difficile solitude, que ce livre nous fait remarquablement partager. Sans oublier la peinture d'une âme déchirée, Lila, digne des grands maîtres.

ferrante amie prodigieuse
 
 Le charme de ce roman nous accompagne de la première à la dernière ligne. Deux très jeunes amies d'un quartier pauvre de Naples vont faire l'apprentissage de la vie réelle par des chemins divergents, mais qui ne les sépareront jamais. Roman "de formation" ou même d'initiation, réflexion sur l'éducation et ses voies, sur le travail, sur les contraintes sociales, la découverte de l'amour, l'ambition, etc. Ce livre est d'une richesse considérable qui va bien au-delà du récit de l'amitié de nos deux jeunes napolitaines.

fontanet mette
 
Cet essai est construit sur une constatation : la fonction publique, si elle n'est pas aussi efficace que celle de nos concurrents, effectue un prélèvement par l'impôt supérieur au leur sur la richesse produite par le pays et donc sur les entreprises. Cela augmente leurs coûts de production et les rend moins compétitives et, à terme, les élimine du marché. C'est le cas de la France qui voit sa désindustrialisation galoper, son chômage élevé se maintenir. Le prélèvement de notre État obèse y est de 57% contre 45% en Allemagne. Comment en est-on arrivés là ?

mace scaron horreur"Ce n'est pas le croyant, mais la croyance qui m'effraie, ce n'est pas le religieux, mais la religion qui m'indispose"
 
Voici un essai (ou un pamphlet) au titre explicite, écrit par un athée, convaincu que les religions sont des illusions dangereuses et que les hommes se porteraient mieux s'ils s'en affranchissaient. Dans cet esprit, on peut aussi dire que si l'eau ne coulait pas, il y aurait moins d’inondations... Pour être juste, il me semble pourtant que ce livre est utile, excessif et incomplet.